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06/06/2010

La réforme agraire, une loi qui pourrait faire implose le pays

JOURS 3 et 4 ( 3 et 4 Juin)

Nous sommes allés à la rencontre d'un agriculteur blanc dans la province du Limpopo, une région dans laquelle 75% des terres arables sont réclamées par l'Etat sud africain afin d'être distribuées à des agriculteurs noirs. Cette loi agraire date d'un texte signé en 1994 qui prévoyait d'ici 2014, le redistribution de 30% des terres arables aux agriculteurs noirs, désavantagés pendant l'apartheid. En effet, 85% des terres agricoles sont aux mains des agriculteurs blancs et seulement 5% des terres on effectivement changé de main depuis 1994.

Stephen Hoffman, l'agriculteur que nous avons rencontré fait partie du syndicat agricole de droite TLU Transvaal Agricultural Union  , pour lui la redistribution des terres aux agriculteurs noirs n'en est pas vraiment une, c'est une façon de nationaliser la terre nous a-t-il expliqué. Selon lui, l'Etat qui finance le rachat des terres aux agriculteurs blancs, ne remet jamais les titres de propriété aux agriculteurs noirs. Une façon de contrôler les votes selon lui.

Deux jours passés en sa compagnie n'ont fait que de me conforter dans l'idée que l'Afrique du Sud a encore beaucoup de défits à relever, la réforme agraire en est un GROS que le nouvel Etat sud Africain devra gérer intelligemment pour ne pas que le pays implose.

19/04/2010

Agriculture: la redistribution des terres en question

DSC00003.JPGLe débat sur la redistribution des terres aux agriculteurs noirs a commencé il y a plus de 15 ans en Afrique du Sud.
Après l’apartheid, l’idée du nouveau gouvernement consistait à redistribuer 30% des 80% de terres arables aux mains de la minorité blanche aux agriculteurs noirs. Un objectif qui devait être atteint en 2014. . Le tout devait se faire sur la base du volontariat, l’Etat ne rachetait que les terres des agriculteurs qui souhaitaient vendre. Or quatre ans avant la date butoir, seulement 5% des terres ont effectivement changé de mains et avec un bilan désastreux, 90% des transferts de terres ont été un échec.
Pour le gouvernement Sud Africain l’heure est à la réforme. Mais quel modèle choisir ?
Exproprier comme l’a fait le Zimbabwe voisin ? Tout nationaliser comme le proposent certains ? Tous les yeux de la communauté internationale et des communautés locales, notamment la population blanche du pays regardent et attendent le verdict.

Antony Edmond a vendu ses 838 hectares de champs de canne à sucre, il y a un an. C’est la peur de l’expropriation qui a poussé ce fermier blanc de Pietermaritzburg à proposer sa terre au gouvernement. Il avait la terre et il avait même trouvé les repreneurs, ses 60 ouvriers. Devenus propriétaires, ces derniers ont engagés Antony et son frère (leurs anciens patrons) pour une durée de dix ans, leur travail consistera à gérer et à enseigner la gestion d’une exploitation agricole aux nouveaux propriétaires noirs. Un modèle de collaboration qui fonctionne et que le département de l’Agriculture de la province du KwaZulu Natal veut étendre.
« Je ne vois pas comment nous allons régler le problème de la redistribution des terres si ce n’est avec des mesures comme celle que nous avons entrepris ou l’expropriation » avoue Antony. « Les populations indigènes de ce pays possèdent si peu de terres arables, les objectifs de l’Etat sont loin d’être atteints et ces gens attendent ce qui leur a été promis. » ajoute-t-il.

DSC00009.JPGDes attentes et des espoirs nourris d’avoir vu un proche devenir propriétaire après y avoir labouré cette terre en tant qu’ouvrier pendant des années. Nourris également par le rêve d’une ascension sociale accélérée. Le problème dans ce genre de situation, c’est que l’ascenseur redescend aussi vite qu’il est monté, et la réalité reprend vite le dessus. Quand Patrick s’est vu attribué, à l’âge de 60 ans, une exploitation avec un cheptel de plus de 100 vaches, c’était le plus heureux des hommes.
Deux après, il relativise, sa ferme est loin de sa maison, le pont qu’il traversait pour aller voir son bétail a été détruit par les intempéries, son près manque de clôtures et son bétail se perd… Des problèmes dérisoires mais qui lui rendent la vie impossible. Patrick est seul à gérer son exploitation et pour vivre il est obligé de vendre son bétail. « Mon problème est que je n’ai pas d’argent pour acheter des clôtures, je veux que le gouvernement m’aide à financer ça. Mes vaches se perdent et le nombre de mon cheptel se réduit considérablement. Je ne sais pas si c’est une si bonne chose d’avoir eu tout ça après 60 ans» nous confie-t-il.

90% des agriculteurs noirs qui ont obtenu des terres de l’Etat Sud Africain sont dans la même situation que Patrick. Livrés à eux même, ces derniers sont confrontés à des problèmes qui les dépassent.
Dans les semaines à venir le gouvernement sud africain présentera un projet de réforme agraire visant à redresser la situation.

 
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