Avertir le modérateur

24/03/2011

Les énergies renouvelables dans les townships de Durban

IMG_1640.JPGC’est bien dans les townships de Durban que les panneaux solaires investissent les toits des maisons. Une initiative prise Eskom, le producteur sud africain d’électricité. Eskom subventionne 90% de l’opération les autres 10% viennent de sponsors et autres investisseurs. L’objectif d’Eskom est d’installer 1 million de chauffe-eau solaires dans toute l’Afrique du Sud d’ici 2015.

Durban et Port Elisabeth, villes pionnières dans la marche verte l’énergie verte

Durban est l’une des premières villes, avec Port Elisabeth, à avoir commencé les installations de panneaux solaires dans les townships.

Ce programme a commencé en Janvier 2011, 160 000 maisons devraient être équipées de chauffe-eau solaire d’ici 2015 dans les environs de Durban. En Juin 2011, 34000 maisons devraient être équipées.

Dans le township de Damat, près de Durban, 2500 chauffe-eau solaires ont été installés à la grande joie des habitants qui ont désormais l’eau chaude au robinet. C’est le cas de Zandile, cette mère de famille a découvert le plaisir de ne pas à avoir à attendre que l’eau chauffe avant de vouloir se doucher. « Avant il fallait que je chauffe l’eau dans une bouilloire avant de ma doucher et en faisant comme ça, j’utilisais de l’électricité. Maintenant j’ai de l’eau chaude au robinet et en plus c’est gratuit, je suis très contente » nous raconte Zandile.

Pallier le manque d’électricité par l’énergie solaire

En effet, l’objectif de cette opération est non seulement d’introduire une forme d’énergie renouvelable dans les townships mais surtout de réduire la consommation d’électricité dans ces quartiers.

Les besoins en électricité de l’Afrique du Sud sont considérables. Dans ce pays qui compte 49 millions habitants, des dizaines de millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité et le pays est régulièrement confronté à des pannes de courant. En effet, 85% de l’électricité de l’Afrique du Sud est produite à partir de charbon.

En installant des chauffe-eau solaires dans les townships, les autorités sud africaines veulent réduire la consommation d’électricité mais pas seulement. « Le but premier est de réduire la consommation d’électricité parce que nous avons une crise d’approvisionnement mais nous voulons aussi créer une économie dans la ville autour des énergies renouvelables. Ce programme par exemple a permis d’offrir des emplois à 40 locaux qui vivent ici » explique Derek Morgan, responsable du bureau des énergies renouvelables de la municipalité de Durban.

En se mettant au vert, l’Afrique du Sud veut montrer l’exemple aux gros émetteurs de gaz à effet de serre dans le monde. Car Durban accueillera en Décembre 2011 la conférence internationale sur les changements climatiques

29/11/2010

Homophobie en Afrique du Sud : Violer pour Corriger

photo2.jpgEn 2009, le viol et le meurtre d’Eudy Simelane, joueuse de foot de l’équipe nationale sud africaine, ont donné un visage aux victimes des viols correctifs. Ce terme décrit une pratique barbare qui consiste à violer une personne pour la "guérir" de ses orientations sexuelles. Torturées à cause de leur homosexualité, les lesbiennes sud africaines doivent faire face à cette homophobie latente dans la société. Les auteurs de ces agressions agissent pour soi-disant "corriger" la sexualité de leurs victimes.

Vivre dans la peur

Léonie et Sthembile ont toutes deux été victimes de ces crimes barbares. Elles se connaissent grâce à l’association Gay& Lesbian Network de Pietermaritzburg. Fondée en 2006 à l’aide des dons étrangers, cette association apporte information et aide psychologique aux victimes d’homophobie. L’Afrique du Sud possède un réseau important d’ONG de défense des droits des homosexuels, mais rares sont les organisations qui travaillent au quotidien sur le terrain.

A l’association Léonie et Sthembile se sentent libres, normales et en sécurité. Chez elles, elles ont peur. Peur pour leur vie, car dans les townships où elles habitent, on n’hésite pas à tuer les lesbiennes.

Sthembilé a été victime d’un viol correctif, à l’âge de 20 ans. Aujourd’hui âgée de 30 ans, elle est toujours hantée par ce qui lui est arrivé. L’auteur du crime n’était autre qu’un ami de la famille. Un « ami » qui a voulu la « guérir » de son homosexualité. “J’en souffre encore nous raconte-t-elle. Ça me fait encore mal, lorsque ça s’est passé, ça n’a même pas duré 15 minutes et aujourd’hui je souffre toujours. Je n’arrive pas à oublier, je me demande toujours pourquoi moi ? »

Sthembile habite dans un township où tout le monde est au courant de ses orientations sexuelles. Assumer son homosexualité a fait d’elle une proie dans son quartier. Sa famille a peur pour elle. Les rares fois où Sthembile sort, elle ne sort jamais sans son chien. “J’ai l’impression d’être prisonnière de ma propre maison nous dit-elle, je ne peux pas sortir librement, si je sors juste pour un petit moment, à mon retour je trouve ma mère dehors en train de me chercher et de s’inquiéter pour moi. Elle a peur qu’on me tue”.

Poussée à renier son homosexualité

Léonie, 35 ans, vit quant elle librement son homosexualité et ça n’a pas été facile. Victime d’un viol correctif il y a 16 ans, elle a eu un enfant de son violeur, et à même fini par refouler son homosexualité et se marier. « Après l’incident, se rappelle Léonie, j’ai beaucoup culpabilisé. Je me suis rendue responsable de ce qui m’était arrive et j’ai fini par me marier. Je suis restée avec mon époux pendant 14 ans et puis l’année dernière j’ai finalement eu le courage de lui dire la vérité et je suis partie ». Depuis un an, Léonie vit accepte enfin sa sexualité, elle vit avec sa partenaire et elle a confié ses deux enfants à leurs grand parents.

Des crimes sur lesquels les autorités ferment les yeux

Malgré le nombre exponentiel de "viols correctifs" et de meurtres de lesbiennes ces dernières années, les autorités sud-africaines traînent à faire de ce problème une priorité. Les propos homophobes proférés à plusieurs reprises par Jacob Zuma, ne font qu’attiser une culture latente du machisme et de l’homophobie. Il est donc difficile d’obtenir des chiffres précis sur le nombre de "viols correctifs". En effet selon les estimations seulement 1 viol sur 9 est reporté à la police. Sur 25 hommes déférés en justice pour viol, 1 seul est condamné. La police sud Africaine est aussi accusée de laxisme, et de ne pas prendre au sérieux ces viols.

Pourtant l’Afrique du sud a l’une des constitutions les plus libérales au monde et a été le premier pays africain à autoriser le mariage homosexuel en 2006, mais où, de l’autre côté, une femme est violée toutes les 26 secondes et où l’homophobie est forte, en particulier dans les townships. D’après la Commission sud-africaine des droits de l’homme, les "viols correctifs" se multiplient dans les écoles, où des garçons, de plus en plus jeunes, s’en prennent à des camarades.

15:30 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

25/10/2010

Le KZN uni contre les crimes dans les exploitations agricoles

Ferme de Robin Barnsley.JPGLe gouvernement sud africain veut contrer la criminalité en responsabilisant la communauté civile du pays. L’opération s’appelle Hlasela et a été lancée dans tout le pays en Juillet 2009. Dans la province du KwaZulu Natal, l’accent a été mis sur les crimes commis dans les milieux ruraux, notamment et surtout les attaques meurtrières. Ce plan de lutte contre les crimes dans les exploitations agricoles de la province fait suite à une série de meurtres qui ont eu lieu dans la région. Le mois dernier trois personnes trouvaient la mort lors d’une tentative de cambriolage d’une ferme à Mooi River. L’an dernier dans la même région, un autre fermier a été tué par balle lors d’un cambriolage.

Une criminalité subit au quotidien

L’insécurité et la criminalité, Robin Barnsley a appris à vivre avec. Lorsque 7 bœufs de son cheptel disparaissent, il parle de délit mineur et pour cause, il en connait à qui on a pris la vie. Cet ancien banquier a repris l’exploitation de son père il y a neuf ans. Aujourd’hui, éleveur de volailles et de bœufs, il emploie 47 personnes et subit au quotidien ce qu’il appelle des délits mineurs. « L’an dernier, nous avons perdu environ 100 000 à 150 000 Rands (soit environ 10 400 à 15 600 Euros) à cause de vols de certains de nos bœufs. Nous souffrons également de vols perpétrés la nuit, des gens entrent illégalement dans la propriété et vols des œufs et des poulets. Ajouté à cela, il faut être très vigilent le jour car certains employés n’hésitent pas à se servir, c’est pour ça que nous avons mis en place tout un système de surveillance et de sécurité autour de la propriété» nous raconte-t-il.

Un système de sécurité qui consiste en la mise en place de clôtures électrifiées, de cameras de surveillance et de patrouilles de police privée, des mesures qui ne choquent guère les employés. Themba est ouvrier agricole chez Robin Barnsney, il raconte qu’il y voit des comportements pas très moraux. « Le problème, nous dit-il, c’est qu’il y a des gens très différents ici, il y en a qui volent des œufs ou n’importe quoi. C’est pour ça que mon patron a décidé de mettre des clôtures électrifiées : pour protéger sa propriété ».

Des statistiques inquiétantes

Parfois les vols finissent en meurtres. C’est ce qui s’est passé ici, il y a moins d’un mois dans, lorsqu’ une femme et ses deux employés ont été tués lors d’un cambriolage. Selon les statistiques des syndicats agricoles sud africains, sur la période 1994- 2008, il y aurait eu 1541 meurtres d’agriculteurs et 10 151 attaques de fermes, soit environ un meurtre d’agriculteur tous les 3 jours (0,3 meurtre/jour). Les services de Police Sud Africains ont quant à eux arrêté de publier des statistiques sur la criminalité dans les exploitations agricoles en 2007.

La sécurité alimentaire du pays menacée

Si la criminalité réduit la qualité de vie des exploitants agricoles, elle menace de plus en plus la sécurité alimentaire du pays. «  Ces crimes affectent le sentiment des agriculteurs qui sont avant tout des entrepreneurs. Si la criminalité devient un facteur de risque que l’on doit prendre en considération, à terme certains agriculteurs vont vendre leurs biens et investir ailleurs, ce qui naturellement aura des répercussions néfastes sur la productivité et toute la chaîne de production alimentaire » explique Robin Barnsley.

Le gouvernement du KwaZulu Natal a décidé de créer des forums de discussion, regroupant les syndicats agricoles, des représentants du gouvernement et des municipalités, la police et les ONG. Ils ont pour objectif de trouver des solutions à l’isolement dans lequel se trouvent les agriculteurs. «  Nous pensons que c’est une bonne approche, déclare Kwanele Ncalane, porte-parole du gouvernement du KwaZulu Natal. Nous pensons que comme les criminels, naissent dans la communauté civile, ils y grandissent, et quand ils commettent des crimes, ils les commettent dans cette même communauté ; c’est pourquoi, nous nous sommes dit qu’il fallait demander à la communauté civile de nous assister à lutter contre la criminalité ».

Même si la solution apportée par le gouvernement provincial, ne règle pas la source du problème à savoir la pauvreté et le chômage, elle est néanmoins saluée par les agriculteurs et leurs représentants qui apprécient l’intérêt du gouvernement pour leurs difficultés.

19:13 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu