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13/05/2010

La Chine à l’assaut de l’économie Lesothane

John est amère, les rares touristes qui viennent au Molumong, région de sa naissance et l’une des plus pauvre du Lesotho, vont tous se ruer dans le magasin de Yi.

Yi est chinois, il détient une épicerie où l’on trouve de tout, des produits alimentaires de bases tels que de la farine, du lait et des œufs mais aussi des tupperwares, des couvertures ou encore des chaussures.

Une aubaine pour les touristes campeurs en manque d’un produit mais un désastre économique pour John et ses compatriotes.

 

« Les chinois raflent tout » s’exclame-t-il,  « si tu fabriques un modèle de chaussures, ils vont le copier et le vendre moins cher. Ils tuent notre économie. Tant que les chinois resteront dans notre pays, le Lesotho ne pourra pas avancer » explique-t-il.

 

Et pourtant ils sont bel et bien décidés à rester, les entrepreneurs chinois, car faire du commerce au Lesotho est un business qui marche. Enclavé dans l’Afrique du Sud, tout le territoire du royaume du Lesotho est situé au-dessus de 1300 m d’altitude.

L’inexistence de routes rend l’accès aux villages difficile. Des contraintes qui rebutent les potentiels investisseurs voisins notamment les sud africains.

 

Mais pour les investisseurs chinois rien n’est impossible. Ils ont investit les villages les plus reculés du royaume. Ont appris les dialectes locaux mais ne s’intègrent en rien à la société Lesothane  et c’est aussi ce qui leur est reproché.

 

«  Le problème avec les commerçants chinois, c’est qu’ils importent des produits, les vendent, font des bénéfices et renvoient tous leurs bénéfices dans leur pays d’origine ; sans réinvestir dans l’économie locale » explique Anton Clarke, exportateur sud africain, « ce qui à terme détruira l’économie locale » ajoute-t-il.

 

Les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine s’élevaient à plus de 100 milliards de dollars en 2009. Une somme considérable dont très peu a effectivement été réinvestit dans l’économie du continent africain. 

 

Asmaa Botmi Lesotho_magasin_chinois.jpg

21/04/2010

Les emplois créés pour la Coupe du Monde boostent le PNB de l’Afrique du Sud

Selon le président sud africain Jacob Zuma, les emplois créés par les projets de construction pour la Coupe du Monde vont augmenter le PNB du pays de 4, 9 milliards de rands cette année soit plus de 488 millions d’Euros.

 

Les constructions d’aéroports, de routes, de stades et la restauration des infrastructures ont permis la création d’emplois pour plus de 130 000 personnes.

 

Jacob Zuma a déclaré que la Coupe du Monde aura contribué à lutter contre la pauvreté dans le pays.

 

Source : Eyewitness News

 

19/04/2010

Agriculture: la redistribution des terres en question

DSC00003.JPGLe débat sur la redistribution des terres aux agriculteurs noirs a commencé il y a plus de 15 ans en Afrique du Sud.
Après l’apartheid, l’idée du nouveau gouvernement consistait à redistribuer 30% des 80% de terres arables aux mains de la minorité blanche aux agriculteurs noirs. Un objectif qui devait être atteint en 2014. . Le tout devait se faire sur la base du volontariat, l’Etat ne rachetait que les terres des agriculteurs qui souhaitaient vendre. Or quatre ans avant la date butoir, seulement 5% des terres ont effectivement changé de mains et avec un bilan désastreux, 90% des transferts de terres ont été un échec.
Pour le gouvernement Sud Africain l’heure est à la réforme. Mais quel modèle choisir ?
Exproprier comme l’a fait le Zimbabwe voisin ? Tout nationaliser comme le proposent certains ? Tous les yeux de la communauté internationale et des communautés locales, notamment la population blanche du pays regardent et attendent le verdict.

Antony Edmond a vendu ses 838 hectares de champs de canne à sucre, il y a un an. C’est la peur de l’expropriation qui a poussé ce fermier blanc de Pietermaritzburg à proposer sa terre au gouvernement. Il avait la terre et il avait même trouvé les repreneurs, ses 60 ouvriers. Devenus propriétaires, ces derniers ont engagés Antony et son frère (leurs anciens patrons) pour une durée de dix ans, leur travail consistera à gérer et à enseigner la gestion d’une exploitation agricole aux nouveaux propriétaires noirs. Un modèle de collaboration qui fonctionne et que le département de l’Agriculture de la province du KwaZulu Natal veut étendre.
« Je ne vois pas comment nous allons régler le problème de la redistribution des terres si ce n’est avec des mesures comme celle que nous avons entrepris ou l’expropriation » avoue Antony. « Les populations indigènes de ce pays possèdent si peu de terres arables, les objectifs de l’Etat sont loin d’être atteints et ces gens attendent ce qui leur a été promis. » ajoute-t-il.

DSC00009.JPGDes attentes et des espoirs nourris d’avoir vu un proche devenir propriétaire après y avoir labouré cette terre en tant qu’ouvrier pendant des années. Nourris également par le rêve d’une ascension sociale accélérée. Le problème dans ce genre de situation, c’est que l’ascenseur redescend aussi vite qu’il est monté, et la réalité reprend vite le dessus. Quand Patrick s’est vu attribué, à l’âge de 60 ans, une exploitation avec un cheptel de plus de 100 vaches, c’était le plus heureux des hommes.
Deux après, il relativise, sa ferme est loin de sa maison, le pont qu’il traversait pour aller voir son bétail a été détruit par les intempéries, son près manque de clôtures et son bétail se perd… Des problèmes dérisoires mais qui lui rendent la vie impossible. Patrick est seul à gérer son exploitation et pour vivre il est obligé de vendre son bétail. « Mon problème est que je n’ai pas d’argent pour acheter des clôtures, je veux que le gouvernement m’aide à financer ça. Mes vaches se perdent et le nombre de mon cheptel se réduit considérablement. Je ne sais pas si c’est une si bonne chose d’avoir eu tout ça après 60 ans» nous confie-t-il.

90% des agriculteurs noirs qui ont obtenu des terres de l’Etat Sud Africain sont dans la même situation que Patrick. Livrés à eux même, ces derniers sont confrontés à des problèmes qui les dépassent.
Dans les semaines à venir le gouvernement sud africain présentera un projet de réforme agraire visant à redresser la situation.

 
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