Avertir le modérateur

25/10/2010

Le KZN uni contre les crimes dans les exploitations agricoles

Ferme de Robin Barnsley.JPGLe gouvernement sud africain veut contrer la criminalité en responsabilisant la communauté civile du pays. L’opération s’appelle Hlasela et a été lancée dans tout le pays en Juillet 2009. Dans la province du KwaZulu Natal, l’accent a été mis sur les crimes commis dans les milieux ruraux, notamment et surtout les attaques meurtrières. Ce plan de lutte contre les crimes dans les exploitations agricoles de la province fait suite à une série de meurtres qui ont eu lieu dans la région. Le mois dernier trois personnes trouvaient la mort lors d’une tentative de cambriolage d’une ferme à Mooi River. L’an dernier dans la même région, un autre fermier a été tué par balle lors d’un cambriolage.

Une criminalité subit au quotidien

L’insécurité et la criminalité, Robin Barnsley a appris à vivre avec. Lorsque 7 bœufs de son cheptel disparaissent, il parle de délit mineur et pour cause, il en connait à qui on a pris la vie. Cet ancien banquier a repris l’exploitation de son père il y a neuf ans. Aujourd’hui, éleveur de volailles et de bœufs, il emploie 47 personnes et subit au quotidien ce qu’il appelle des délits mineurs. « L’an dernier, nous avons perdu environ 100 000 à 150 000 Rands (soit environ 10 400 à 15 600 Euros) à cause de vols de certains de nos bœufs. Nous souffrons également de vols perpétrés la nuit, des gens entrent illégalement dans la propriété et vols des œufs et des poulets. Ajouté à cela, il faut être très vigilent le jour car certains employés n’hésitent pas à se servir, c’est pour ça que nous avons mis en place tout un système de surveillance et de sécurité autour de la propriété» nous raconte-t-il.

Un système de sécurité qui consiste en la mise en place de clôtures électrifiées, de cameras de surveillance et de patrouilles de police privée, des mesures qui ne choquent guère les employés. Themba est ouvrier agricole chez Robin Barnsney, il raconte qu’il y voit des comportements pas très moraux. « Le problème, nous dit-il, c’est qu’il y a des gens très différents ici, il y en a qui volent des œufs ou n’importe quoi. C’est pour ça que mon patron a décidé de mettre des clôtures électrifiées : pour protéger sa propriété ».

Des statistiques inquiétantes

Parfois les vols finissent en meurtres. C’est ce qui s’est passé ici, il y a moins d’un mois dans, lorsqu’ une femme et ses deux employés ont été tués lors d’un cambriolage. Selon les statistiques des syndicats agricoles sud africains, sur la période 1994- 2008, il y aurait eu 1541 meurtres d’agriculteurs et 10 151 attaques de fermes, soit environ un meurtre d’agriculteur tous les 3 jours (0,3 meurtre/jour). Les services de Police Sud Africains ont quant à eux arrêté de publier des statistiques sur la criminalité dans les exploitations agricoles en 2007.

La sécurité alimentaire du pays menacée

Si la criminalité réduit la qualité de vie des exploitants agricoles, elle menace de plus en plus la sécurité alimentaire du pays. «  Ces crimes affectent le sentiment des agriculteurs qui sont avant tout des entrepreneurs. Si la criminalité devient un facteur de risque que l’on doit prendre en considération, à terme certains agriculteurs vont vendre leurs biens et investir ailleurs, ce qui naturellement aura des répercussions néfastes sur la productivité et toute la chaîne de production alimentaire » explique Robin Barnsley.

Le gouvernement du KwaZulu Natal a décidé de créer des forums de discussion, regroupant les syndicats agricoles, des représentants du gouvernement et des municipalités, la police et les ONG. Ils ont pour objectif de trouver des solutions à l’isolement dans lequel se trouvent les agriculteurs. «  Nous pensons que c’est une bonne approche, déclare Kwanele Ncalane, porte-parole du gouvernement du KwaZulu Natal. Nous pensons que comme les criminels, naissent dans la communauté civile, ils y grandissent, et quand ils commettent des crimes, ils les commettent dans cette même communauté ; c’est pourquoi, nous nous sommes dit qu’il fallait demander à la communauté civile de nous assister à lutter contre la criminalité ».

Même si la solution apportée par le gouvernement provincial, ne règle pas la source du problème à savoir la pauvreté et le chômage, elle est néanmoins saluée par les agriculteurs et leurs représentants qui apprécient l’intérêt du gouvernement pour leurs difficultés.

19:13 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

15/09/2010

Immigration : Vers la reprise des expulsions des réfugiés zimbabwéens

100_3166.JPGLe gouvernement sud-africain a décidé de dénoncer à la fin de l'année un accord avec  le Zimbabwe. Un accord entré en vigueur en avril 2009, lorsque le Zimbabwe de Robert Mugabe, en pleine crise économique et politique, permettait aux Zimbabwéens d'entrer en Afrique du Sud sans papiers adéquats. La décision, qui a suscité un tollé, met un terme à un moratoire de 18 mois sur les expulsions d'immigrés illégaux et met en lumière le caractère tendu des relations entre le gouvernement sud-africain et le Zimbabwe.

Fin du moratoire à partir du 31 décembre

Désormais, les réfugiés doivent régulariser leur présence, sinon, ils seront renvoyés à la frontière à partir du 31 décembre 2010. Ces nouvelles mesures inquiètent les réfugiés zimbabwéens dont le nombre en Afrique du Sud est estimé à près de 2 millions selon les organisations d’aide humanitaire.

Les réfugiés qui sont déjà dans des situations très précaires craignent des expulsions de masse et la reprise des attaques xénophobes en Afrique du Sud.

L’indignation des réfugiés

Rencontre avec des zimbabwéens vivant à Durban.

Shepherd Zvavanhu vit à Durban depuis 2001. Ce zimbabwéen a quitté son pays car sa tête avait été mise à prix. Grâce a son statut de réfugié politique en Afrique du Sud, il a pu refaire sa vie en Afrique du Sud en créant un atelier de couture dans lequel il emploie des zimbabwéens comme lui.

Détenteur d’un permis de séjour permanent en Afrique du Sud, Shepherd, ne sera pas expulsé après le 31 Décembre mais en tant que représentant de la communauté zimbabwéenne dans la province zouloue, il dénonce la mesure prise en commun accord des gouvernements sud africain et zimbabwéens.

« Cette décision va affecter la vie des zimbabwéens exilés ici en Afrique du Sud et de tous les zimbabwéens. Nous ne sommes pas contents. Nous avons l’impression que le gouvernement sud africain néglige les zimbabwéens et ceci confirme ce qu’avait dit l’ancien président d’Afrique du Sud, Thabo Mbeki, lorsqu’il disait qu’il n’y avait pas de crise au Zimbabwe. A l’heure où je vous parle, la milice du parti ZANU-PF est occupé à frapper des gens, à les tuer, à les forcer à accepter ce qu’ils appellent la constitution « Kariba ». Une constitution qui permettrait au gouvernement de Mugabe et à son parti le ZANU-PF d’avoir un pouvoir de tuer encore plus important », s’indigne-t-il.

Saruna Mahwehwe a fuit le Zimbabwe, il y a deux ans lorsque la crise économique et politique a frappé son pays au plus fort. Saruna est arrivée en Afrique du Sud sans aucun document légal. Si l’accord entre les deux pays lui avait permis de vivre en Afrique du Sud grâce à un permis pour demandeur d’asile renouvelé tous les trois mois, à partir du 31 Décembre, Saruna ne sait pas ce qu’il adviendra de sa vie. Le Zimababwe, elle ne veut pas y retrouver et même si les attaques xénophobes la menacent, elle voit en l’Afrique du Sud un pays qui lui a permis de refaire sa vie en trouvant un travail dans l’atelier de Shepherd.

« Ils sont en train de mettre nos vie en danger. Où pouvons-nous aller ? Nous n’avons pas de maison, pas d’endroits où travailler. Pourquoi, ils ont pris cette décision de nous renvoyer au Zimbabwe alors qu’ils savent bien qu’il y a encore des problèmes là bas. Ils n’ont pas résolus nos problèmes et c’est pour ça que nous ne voulons pas repartir au Zimbabwe » raconte-t-elle.

Percy Nhau est étudiant et militant dans une ONG qui vise à favoriser les échanges interculturels afin de lutter contre la xénophobie en Afrique du Sud. Il a quitté le Zimbabwe en 2005 lorsque la réforme agraire qui constituait à exproprier les fermiers blancs de leur terre, a été mise en place. Depuis ce jour, il vit en Afrique du Sud en tant que réfugié. Sans passeport en cours de validité, Percy fera certainement partie des Zimbabwéens qui seront expulsés à partir du 31 Décembre.

Pour lui, le nombre de réfugiés zimbabwéens en Afrique du Sud, n’est que la conséquence de la politique de soutien du gouvernement sud africain, au gouvernement de Mugabe.

“Quand bien même je comprends qu’ils y a trop de zimbabwéens en Afrique du Sud mais ce n’est que le résultat de la politique sud africaine de soutien au gouvernement de Robert Mugabe. Si en 2000, les sud africains avaient soutenu le mouvement populaire, ils ne se seraient pas retrouvés avec un nombre aussi important de réfugiés zimbabwéens ».

Les trios réfugiés, tout comme la plupart de leurs compatriotes pensent que la situation politique et économique au Zimbabwe n’est pas encore stable. Ils craignent une reprise de la violence avant et après les prochaines élections prévues en 2011.

27/08/2010

Une année exceptionnelle pour le Sardine Run à Durban

Le Sardine Run, phénomène animalier qui consiste en la migration de milliards de sardines du sud vers le nord en longeant les côtes Est sud africaine, a cette année battu des records. Habituellement ces bancs de poissons atteignant les 7km de long, longent les côtes de Durban pendant une semaine ou deux, cette année, ils sont restés près de trois mois ( dix semaines) dans les eaux tempérés de la ville portuaire.

2010 a été l’année de la Sardine à Durban. Des sardines en milliers venues se jeter dans les filets des pêchers sur les plages de la ville portuaire sud africaine. Chaque année à partir de la mi-juin, pêcheurs et autres touristes attendent avec impatience de voir les eaux de l’Océan Indien se colorer d’argent grâce au Sardine Run.

Un phénomène naturel unique au monde100_3517.JPG

Ce phénomène naturel qui pousse des milliards de sardines à migrer de la pointe sud de l’Afrique vers les eaux tempérées de l’Océan Indien, direction le nord, n’est cette année arrivé sur les plages de Durban que le 21 Juillet. Un peu tard pensaient les habitants de Durban mais les sardines qui continueront de surprendre sont restées plus de dix semaines au large de la ville. Une durée record, au grand bonheur des amateurs de la sardine.

« J’en ai acheté une douzaine pour mon mari, il adore ça », nous raconte Angeline. Cette habitante de Durban avoue ne jamais avoir assisté à un tel phénomène ou du moins à une durée aussi longue.

Des conséquences économiques favorables pour la région

A moins de 1 euros la douzaine de sardines et surtout sans faire d’effort réel pour les attraper, le business des pêcheurs est une affaire qui marche. Car les bancs de sardines attirent aussi et surtout toutes sortes de poissons prédateurs : des baleines, des requins, des dauphins, etc.

Ce festin annuel est une attraction touristique majeure pour la région KwaZulu Natal. Les touristes viennent observer oiseaux, baleines et parfois même nager avec les bancs géants de sardines qui peuvent atteindre les 7 km de long.

Résultat les eaux de Durban sont devenues un terrain dangereux pour les surfeurs et autres baigneurs. Elles ont été interdites à la baignade pendant toute la durée du Sardine Run, à savoir plus de deux mois.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu