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29/11/2010

Homophobie en Afrique du Sud : Violer pour Corriger

photo2.jpgEn 2009, le viol et le meurtre d’Eudy Simelane, joueuse de foot de l’équipe nationale sud africaine, ont donné un visage aux victimes des viols correctifs. Ce terme décrit une pratique barbare qui consiste à violer une personne pour la "guérir" de ses orientations sexuelles. Torturées à cause de leur homosexualité, les lesbiennes sud africaines doivent faire face à cette homophobie latente dans la société. Les auteurs de ces agressions agissent pour soi-disant "corriger" la sexualité de leurs victimes.

Vivre dans la peur

Léonie et Sthembile ont toutes deux été victimes de ces crimes barbares. Elles se connaissent grâce à l’association Gay& Lesbian Network de Pietermaritzburg. Fondée en 2006 à l’aide des dons étrangers, cette association apporte information et aide psychologique aux victimes d’homophobie. L’Afrique du Sud possède un réseau important d’ONG de défense des droits des homosexuels, mais rares sont les organisations qui travaillent au quotidien sur le terrain.

A l’association Léonie et Sthembile se sentent libres, normales et en sécurité. Chez elles, elles ont peur. Peur pour leur vie, car dans les townships où elles habitent, on n’hésite pas à tuer les lesbiennes.

Sthembilé a été victime d’un viol correctif, à l’âge de 20 ans. Aujourd’hui âgée de 30 ans, elle est toujours hantée par ce qui lui est arrivé. L’auteur du crime n’était autre qu’un ami de la famille. Un « ami » qui a voulu la « guérir » de son homosexualité. “J’en souffre encore nous raconte-t-elle. Ça me fait encore mal, lorsque ça s’est passé, ça n’a même pas duré 15 minutes et aujourd’hui je souffre toujours. Je n’arrive pas à oublier, je me demande toujours pourquoi moi ? »

Sthembile habite dans un township où tout le monde est au courant de ses orientations sexuelles. Assumer son homosexualité a fait d’elle une proie dans son quartier. Sa famille a peur pour elle. Les rares fois où Sthembile sort, elle ne sort jamais sans son chien. “J’ai l’impression d’être prisonnière de ma propre maison nous dit-elle, je ne peux pas sortir librement, si je sors juste pour un petit moment, à mon retour je trouve ma mère dehors en train de me chercher et de s’inquiéter pour moi. Elle a peur qu’on me tue”.

Poussée à renier son homosexualité

Léonie, 35 ans, vit quant elle librement son homosexualité et ça n’a pas été facile. Victime d’un viol correctif il y a 16 ans, elle a eu un enfant de son violeur, et à même fini par refouler son homosexualité et se marier. « Après l’incident, se rappelle Léonie, j’ai beaucoup culpabilisé. Je me suis rendue responsable de ce qui m’était arrive et j’ai fini par me marier. Je suis restée avec mon époux pendant 14 ans et puis l’année dernière j’ai finalement eu le courage de lui dire la vérité et je suis partie ». Depuis un an, Léonie vit accepte enfin sa sexualité, elle vit avec sa partenaire et elle a confié ses deux enfants à leurs grand parents.

Des crimes sur lesquels les autorités ferment les yeux

Malgré le nombre exponentiel de "viols correctifs" et de meurtres de lesbiennes ces dernières années, les autorités sud-africaines traînent à faire de ce problème une priorité. Les propos homophobes proférés à plusieurs reprises par Jacob Zuma, ne font qu’attiser une culture latente du machisme et de l’homophobie. Il est donc difficile d’obtenir des chiffres précis sur le nombre de "viols correctifs". En effet selon les estimations seulement 1 viol sur 9 est reporté à la police. Sur 25 hommes déférés en justice pour viol, 1 seul est condamné. La police sud Africaine est aussi accusée de laxisme, et de ne pas prendre au sérieux ces viols.

Pourtant l’Afrique du sud a l’une des constitutions les plus libérales au monde et a été le premier pays africain à autoriser le mariage homosexuel en 2006, mais où, de l’autre côté, une femme est violée toutes les 26 secondes et où l’homophobie est forte, en particulier dans les townships. D’après la Commission sud-africaine des droits de l’homme, les "viols correctifs" se multiplient dans les écoles, où des garçons, de plus en plus jeunes, s’en prennent à des camarades.

15:30 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

11/11/2010

Face à des cimetières saturés, Durban choisit le recyclage

100_3537.JPGDurban, une ville vouée à se transformer en cimetière? C’est du moins ce que pense Thembinkosi Ngcobo, le responsable des Parcs et cimetières de la municipalité de Durban. Selon lui, si la ville continue à ouvrir des cimetières dans Durban et ses alentours, elle se transformera à terme en un cimetière géant.

Des cimetières saturés

Le KwaZulu Natal est, en effet, la province la plus touchée par le Sida, près de 5, 2 millions d’habitants de la région sont porteurs du virus. Chaque année près de 20 000 corps sont enterrés dans cette ville et les cimetières de Durban arrivent à saturation. Pourtant dans ce pays qui est deux fois plus grand que la France, ce n’est pas l’espace qui manque. Mais les propriétaires ont d’autres ambitions pour leurs terres, ils référent les vendre aux investisseurs et autres « développeurs ».

Pour faire face à cette situation, les responsables municipaux de la ville de Durban ont décidé de recycler les cimetières. Les tombes datant des années 40 et 50 et dont les familles ne disposent pas de baux seront détruites. Les corps seront exhumés et placés dans des fosses communes. Une décision radicale qui va à l’opposée des croyances zouloues. En effet les zoulous vénèrent leurs ancêtres et le partage d’une tombe est, pour eux, un sacrilège.

Des mesures drastiques

Bien que de nombreux habitants s’y opposent, la municipalité de Durban persiste et signe. L’opération de recyclage a débuté mi-octobre dans le cimetière de Sherwood’s Loon Road. Accompagnant cette décision de recycler les sépultures, la municipalité de Durban veut également augmenter le prix du renouvellement des baux. Le prix actuel pour le renouvellement d’un bail de sépulture est de R600, les responsables municipaux proposent de le passer à R15 000.





 

04/11/2010

A vous la gloire, recycler votre vuvuzela !

100_3525.JPGTrompette, Vuvu Xylophone, bougeoir ou encore outil de jardinage, les internautes ne manquent pas d’idées pour redonner une nouvelle vie à leur vuvuzela. Cet instrument incontournable du supporter de football lors de la Coupe du Monde 2010, ne sert pas qu’à faire du bruit et c’est ce que veut démontrer le concours de recyclage de vuvuzela.

Le concours, WoZela, lancé sous le slogan « Faites une différence pas du bruit » (Make a difference not noise), par deux publicitaires sud africains, consiste à encourager les propriétaires de vuvuzelas à faire preuve de créativité en pensant à des idées de recyclage de l’instrument. Le prix à gagner est la reproduction et la vente de votre création par des artistes locaux. A vos idées donc et à vous la gloire.

« La vuvuzela a été un symbole extraordinaire de l’unité en Afrique du Sud » disent les organisateurs du concours. « WoZela veut faire de cet objet d’unité un objet d’utilité en trouvant des idées de le réutiliser ».

La vuvuzela, une star sud africaine mais pas seulement

La corne sud africaine a, en effet, été sujet de controverses pendant la Coupe du Monde à cause du bourdonnement incessant qu'elle génère pendant les matchs et leur retransmission. Prouver qu’elle peut servir comme objet de décoration ou instrument de musique est une façon pour les sud africains de célébrer l’instrument qui a fait tant parler partout dans le monde.

La corne en plastique s’est vendue à des taux de 20 000 vuvuzelas par jour pendant le Coupe du Monde 2010, autant dire que cela a généré du matériel à recycler. Le site internet qui a lancé cette opération compte jusqu’ici, 200 propositions de recyclage de vuvuzelas. Les participants ont jusqu’au 15 Octobre(les sud africains) et le 25 Octobre (les internationaux), pour soumettre leurs idées.

Les concepts postés sur le site internet WoZela ne manquent pas d’originalité, ils vont des plus futiles comme la vuvuzela muselière pour célébrité bruyante, aux plus ingénieux comme ce filtreur d’eau portable ou encore un four solaire de petite taille. Il y a aussi les vuvuzelas vases, carillons, ou encore lampes. Les créations sont envoyées sous formes de croquis, diagrammes détaillés, ou encore photos.

Le top 50 des créations, seront sélectionnées en fonction de leur originalité, de leur praticabilité et de leur utilité. Elles seront exposées à Johannesburg et au Cap.

 
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