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15/09/2010

Immigration : Vers la reprise des expulsions des réfugiés zimbabwéens

100_3166.JPGLe gouvernement sud-africain a décidé de dénoncer à la fin de l'année un accord avec  le Zimbabwe. Un accord entré en vigueur en avril 2009, lorsque le Zimbabwe de Robert Mugabe, en pleine crise économique et politique, permettait aux Zimbabwéens d'entrer en Afrique du Sud sans papiers adéquats. La décision, qui a suscité un tollé, met un terme à un moratoire de 18 mois sur les expulsions d'immigrés illégaux et met en lumière le caractère tendu des relations entre le gouvernement sud-africain et le Zimbabwe.

Fin du moratoire à partir du 31 décembre

Désormais, les réfugiés doivent régulariser leur présence, sinon, ils seront renvoyés à la frontière à partir du 31 décembre 2010. Ces nouvelles mesures inquiètent les réfugiés zimbabwéens dont le nombre en Afrique du Sud est estimé à près de 2 millions selon les organisations d’aide humanitaire.

Les réfugiés qui sont déjà dans des situations très précaires craignent des expulsions de masse et la reprise des attaques xénophobes en Afrique du Sud.

L’indignation des réfugiés

Rencontre avec des zimbabwéens vivant à Durban.

Shepherd Zvavanhu vit à Durban depuis 2001. Ce zimbabwéen a quitté son pays car sa tête avait été mise à prix. Grâce a son statut de réfugié politique en Afrique du Sud, il a pu refaire sa vie en Afrique du Sud en créant un atelier de couture dans lequel il emploie des zimbabwéens comme lui.

Détenteur d’un permis de séjour permanent en Afrique du Sud, Shepherd, ne sera pas expulsé après le 31 Décembre mais en tant que représentant de la communauté zimbabwéenne dans la province zouloue, il dénonce la mesure prise en commun accord des gouvernements sud africain et zimbabwéens.

« Cette décision va affecter la vie des zimbabwéens exilés ici en Afrique du Sud et de tous les zimbabwéens. Nous ne sommes pas contents. Nous avons l’impression que le gouvernement sud africain néglige les zimbabwéens et ceci confirme ce qu’avait dit l’ancien président d’Afrique du Sud, Thabo Mbeki, lorsqu’il disait qu’il n’y avait pas de crise au Zimbabwe. A l’heure où je vous parle, la milice du parti ZANU-PF est occupé à frapper des gens, à les tuer, à les forcer à accepter ce qu’ils appellent la constitution « Kariba ». Une constitution qui permettrait au gouvernement de Mugabe et à son parti le ZANU-PF d’avoir un pouvoir de tuer encore plus important », s’indigne-t-il.

Saruna Mahwehwe a fuit le Zimbabwe, il y a deux ans lorsque la crise économique et politique a frappé son pays au plus fort. Saruna est arrivée en Afrique du Sud sans aucun document légal. Si l’accord entre les deux pays lui avait permis de vivre en Afrique du Sud grâce à un permis pour demandeur d’asile renouvelé tous les trois mois, à partir du 31 Décembre, Saruna ne sait pas ce qu’il adviendra de sa vie. Le Zimababwe, elle ne veut pas y retrouver et même si les attaques xénophobes la menacent, elle voit en l’Afrique du Sud un pays qui lui a permis de refaire sa vie en trouvant un travail dans l’atelier de Shepherd.

« Ils sont en train de mettre nos vie en danger. Où pouvons-nous aller ? Nous n’avons pas de maison, pas d’endroits où travailler. Pourquoi, ils ont pris cette décision de nous renvoyer au Zimbabwe alors qu’ils savent bien qu’il y a encore des problèmes là bas. Ils n’ont pas résolus nos problèmes et c’est pour ça que nous ne voulons pas repartir au Zimbabwe » raconte-t-elle.

Percy Nhau est étudiant et militant dans une ONG qui vise à favoriser les échanges interculturels afin de lutter contre la xénophobie en Afrique du Sud. Il a quitté le Zimbabwe en 2005 lorsque la réforme agraire qui constituait à exproprier les fermiers blancs de leur terre, a été mise en place. Depuis ce jour, il vit en Afrique du Sud en tant que réfugié. Sans passeport en cours de validité, Percy fera certainement partie des Zimbabwéens qui seront expulsés à partir du 31 Décembre.

Pour lui, le nombre de réfugiés zimbabwéens en Afrique du Sud, n’est que la conséquence de la politique de soutien du gouvernement sud africain, au gouvernement de Mugabe.

“Quand bien même je comprends qu’ils y a trop de zimbabwéens en Afrique du Sud mais ce n’est que le résultat de la politique sud africaine de soutien au gouvernement de Robert Mugabe. Si en 2000, les sud africains avaient soutenu le mouvement populaire, ils ne se seraient pas retrouvés avec un nombre aussi important de réfugiés zimbabwéens ».

Les trios réfugiés, tout comme la plupart de leurs compatriotes pensent que la situation politique et économique au Zimbabwe n’est pas encore stable. Ils craignent une reprise de la violence avant et après les prochaines élections prévues en 2011.

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